Avec une information de plus en plus virtuelle et éphémère, nombreux sont ceux qui attendent une diminution des impacts environnementaux du travail de bureau. Malheureusement, la réalité observée actuellement est tout autre. D’où une question : comment minimiser son empreinte écologique au bureau?
La tertiarisation des emplois et l’utilisation croissante des ordinateurs rendent presque toute activité commerciale dépendante du travail de bureau. De nombreuses entreprises cherchant à diminuer leur impact environnemental entreprennent des actions visant d’abord à « verdir » cette portion de leurs opérations. L’introduction, dans un bureau, de nouvelles méthodes de travail « vertes » peut parfois contribuer à l’implantation future d’une véritable culture environnementale pour l’ensemble de l’entreprise. Cet article propose quelques actions assez faciles à mettre en œuvre et destinées à initier l’évolution vers un bureau plus écologique. Ces actions pourront être complétées à l’aide des guides et des documents citées en fin d’article.
Un bureau sans papier?
En 1975, un article paru dans BusinessWeek annonçait avec justesse une révolution à venir dans les bureaux. Cependant, le bureau sans papier, qui devait apparaître dans les années 90 n’est pas encore d’actualité. En fait, c’est même le contraire qui a été observé : entre 1983 et 2003, la consommation de papier a plus que doublé dans le monde, atteignant plus de 90kg de papier par habitant au Canada en 2003. C’est l’équivalent de 20 000 pages utilisées uniquement à des fins d’impression et de rédaction. Ce constat est d’autant plus frappant si l’on considère que comme en Europe, 20% des salariés reconnaissent ne donner aucune suite à un tiers des pages qu’ils impriment… et que deux tiers des salariés européens reconnaissent qu’ils pourraient « réduire leurs impressions personnelles de 30% tout en restant productifs ».
Le papier représente au minimum 50 à 70% des matières résiduelles produites par un édifice de bureaux. Il est donc primordial de mettre en œuvre des solutions pour réduire son utilisation. Celles-ci doivent s’inscrire dans le principe des 3RV : commencer par une réduction de la consommation de papier, poursuivre par une réutilisation des feuilles pour finalement recycler et valoriser celles dont on doit se débarrasser. Les propositions suivantes constituent une première étape dans le « verdissement » de votre travail de bureau :
Réduire et recycler les autres matières résiduelles
Comme indiqué précédemment, le papier représente le principal type de matière résiduelle produit dans un édifice de bureau. Cependant, il est tout aussi souhaitable et nécessaire de déployer des efforts pour le traitement des autres matières résiduelles : les matières résiduelles liées aux opérations du bureau autres que le papier (articles de papeterie, systèmes informatiques); et celles associées habituellement aux repas et pause-café.
Bien que le temps passé en pause café et en repas soit mineur dans la journée, ces moments sont aussi une source potentielle de matières résiduelles. Des repas préparés chez soi et l’élimination des contenants individuels (sucre, crème…) sont à privilégier. L’utilisation d’une vaisselle durable, notamment pour les boissons chaudes permet aussi de réduire le volume de matières résiduelles.
Diminuer sa consommation d’énergie
Au-delà de la gestion des matières résiduelles, une réflexion sur un bureau plus écologique doit inclure des actions pour minimiser l’utilisation d’énergie et d’eau. Ces deux paramètres ne sont pas toujours facilement modifiables par les employés, mais même quelques actions peuvent faire la différence et un comité « vert » pourra éventuellement encourager des changements auprès de la direction.
Voici plusieurs pistes de réduction concernant la consommation d’énergie:
Toutes ces actions peuvent et doivent être mises en place par chacune des personnes travaillant dans un bureau. Cependant, un engagement de la direction et un suivi par un comité « vert » formé de bénévoles permettent d’atteindre des résultats concrets plus rapidement et plus efficacement. Les personnes impliquées pourront, de plus, s’intéresser à l’environnement intérieur du bureau, comme le choix de matériaux d’ameublement et de revêtements n’émettant pas de composés volatils nocifs, la réduction du bruit ou encore les postures de travail.
Références et guides à consulter (liste non exhaustive) :
Par Jérôme Petigny, M. Sc.
Fondation québécoise en environnement
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Business Week (#2387), 1975, The Office of the Future, pp 48–70. 30 June 1975.
Statistique Canada, 2006, La vie à l’ère numérique, (n°56F0004MIF)
Étude IPSOS pour Lexmark, mai 2008, Observatoire sur les comportements des impressions en entreprise dans les pays européens
Recyc-Québec, 2001, Guide de gestion des matières résiduelles à l’intention des dirigeants de PME, p.111 et Recyc-Québec, 2008, Fiche d’information « La récupération des matières résiduelles dans les édifices du gouvernement du Québec », p.1
Fondation Mira , récupération de cartouches et de téléphones cellulaires http://www.mira.ca/content/am1-10.html
Environnement Canada, http://www.on.ec.gc.ca/pollution/ecnpd/disposal-options_f.html, Ordinateurs pour les écoles du Québec, http://www.opeq.qc.ca/
Les liens des sources citées ont été vérifié en date du 28/11/2008
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